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  • Photo du rédacteurAlain Azeroual

Le point marché financier - Septembre 2021

Dernière mise à jour : 6 déc. 2022

D’une ampleur sans précédent, la crise sanitaire que nous traversons impacte profondément nos économies ainsi que les marchés financiers. Pour mieux vous accompagner, nous avons décidé de vous partager de façon régulière notre sélection des principales informations économiques et notre analyse des marchés financiers.


Création d'emplois


Pourquoi on en parle

Le secteur privé a enregistré 239 500 créations nettes d'emplois au deuxième trimestre, soit une hausse de 1.2% par rapport au premier trimestre, selon des chiffres publiés le 6 août par la Dares, le service de statistique du ministère du Travail. Le nombre de salariés du secteur privé retrouve ainsi quasiment son niveau d'avant la crise sanitaire.


En quoi ça consiste

La création nette d'emplois mesure la différence entre le nombre de postes occupés entre la fin et le début d'une période donée. Des créations d'emplois au niveau national ne se traduisent pas nécessairement par une baisse du chômage. Tout dépend du solde entr les entrées sur le marché du travail (notamment les jenues ayant fini leurs études) et les sorties (notamment les personnes partant à la retraite).


Le taux de chômage ne baissera que si les créations d'emplois sont suffisantes pour absorber une augmentation de la population actives. Selon l'INSEE, un chômeur est une personn

e déclarant être à la recherche active d'un emploi et disponible rapidement. Les personnes souhaitant travailler, mais n'étant pas disponibles immédiatement pour prendre un poste ou ne recherchant pas activement un emploi sont classées comme inactives et forment ce que l'INSEE appelle le halo du chômage


Une amélioration de la conjoncture économique peut avoir pour effet d'augmenter les entrées sur le marché du travail en faisant revenir certaines de ces personnes qui en étaient sorties en raison d'un manque de perspectives. Dans ce cas, un nombre plus important d'emplois doit être crée pour que le chômage diminue.

 

Les dépenses de rentrée universitaire en légère hausse


Selon le baromètre annuel publié le 16 août par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), les dépenses de rentrée universitaire augmenteront de 1.3% par rapport à 2020 pour atteindre 2 392 euros.


La Fage, qui regroupe environ 2 000 associations et syndicats, cumule dans son calcul les dépenses annuelles de rentrée (frais d'inscription, complémentaire santé, etc.) et les dépenses mensuelles de vie courante (loyers, transports, etc.). Les premières diminuent de 0.3 %, tandis que les secondes, amenées à se répéter chaque mois tout au long de l'année universitaire, progressent de 2.9 %. Par comparaison, l'indice des prix ç la consommation de l'INSEE a augmenté de 1.2 % entre août 2020 et juillet 2021.


Parmi les évolutions notables, les frais de téléphone et Internet s’accroissent de 7,15 %, les dépenses de consommation (alimentation, vêtements, produits d’hygiène et d’entretien) de l’ordre de 6 %. La Fage souligne de fortes disparités entre l’Île-de-France et les autres régions. Les loyers et charges, qui représentent près de la moitié des dépenses mensuelles des étudiants, atteignent en moyenne 674 euros en Île-de-France et 500 euros en moyenne dans le reste du pays. Les dépenses de consommation courante varient de 368 euros en Île-de-France à 334 euros dans les autres régions.

 

On fait le point

La relance économique via les infrastructures


Les sénateurs américains ont adopté le 10 août un projet de loi prévoyant un vaste plan d’investissement dans les infrastructures. De tels plans visent traditionnellement à créer des emplois en temps de crise et, plus récemment, à s’adapter au réchauffement climatique.


L’actu

Les sénateurs américains ont adopté le 10 août un projet de loi prévoyant un plan d’investissement dans les infrastructures incluant 550 milliards de dollars (469 milliards d’euros) de nouvelles dépenses. Celui-ci fait partie du plan de relance « Build Back Better » (reconstruisons mieux) de l’exécutif américain face à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19. L’exécutif américain prévoit d’allouer 110 milliards de dollars (près de 94 milliards d’euros) à la reconstruction et la réparation de routes et de ponts, en mettant l’accent sur « l’atténuation du changement climatique, la résilience, l’équité et la sécurité de tous les utilisateurs, y compris les cyclistes et les piétons », précise la Maison-Blanche. Le projet de loi doit maintenant être étudié par la Chambre des représentants, où les Démocrates sont majoritaires. L’économiste Alec Phillips, du bureau d’analyse de la banque américaine Goldman Sachs, a déclaré au Wall Street Journal début août que ce plan, dont les effets sont surtout attendus sur le long terme, pourrait augmenter de 0,2 point de pourcentage le PIB des États-Unis en 2022 et de 0,3 point en 2023.


Relance par l’investissement

Un plan d’infrastructures est élaboré par un gouvernement souhaitant moderniser les équipements (routes, aéroports, ports, etc.) de son pays ou en construire de nouveaux. Il peut s’agir d’un volet d’un plan de relance, qui consiste à réactiver le système économique lorsque celui-ci est perturbé par une crise.


En 1933, le président américain Franklin Roosevelt a lancé son « New Deal », un vaste plan de relance de l’économie du pays après la crise de 1929. Celui-ci prévoyait des investissements massifs dans les infrastructures américaines : de 1935 à 1943, 800 aéroports et plus d’un million de kilomètres de routes ont été construits, selon le Musée et la Bibliothèque présidentielle Franklin Roosevelt. Investir dans les infrastructures est crucial pour la croissance économique, explique le centre de réflexion The Economist Intelligence Unit dans un rapport de 2019 : « Des systèmes de transport aux installations de production d’énergie, en passant par les réseaux d’alimentation en eau et d’assainissement, les services qui permettent à la société de fonctionner et à l’économie de prospérer sont fournis grâce aux infrastructures ».


L’effet sur l’emploi

L’exécutif américain affirme que son plan d’infrastructures permettra de créer 2 millions d’emplois par an et que 80 % de ces emplois ne nécessiteront pas de diplôme universitaire. Les travailleurs du secteur de la construction représentent environ 7 % de la main-d’œuvre mondiale, selon une publication de 2018 de l’Organisation internationale du travail (OIT), une agence de l’ONU. « Alors que les activités de construction basées sur la main-d’œuvre créent des emplois à court terme, l’amélioration des infrastructures qu’elles produisent contribue à accroître les performances économiques dans d’autres secteurs, générant des effets multiplicateurs sur l’emploi et les revenus dans l’économie tout entière », argumente ce texte. L’OIT distingue trois types d’emplois pouvant être créés par l’investissement en infrastructures : l’emploi direct, indirect (créé par exemple par la demande accrue d’outils ou de matériaux utilisés dans le projet) et induit (par exemple les effets de l’augmentation des revenus des ouvriers sur la consommation).

 

En 2019, l’investissement total dans les infrastructures de transport terrestre en France a représenté 0,9 % de son PIB (la production totale au sein d’un pays). La Chine a consacré l’équivalent de 5,6 % de son PIB et les États-Unis 0,6 % du leur, selon l’OCDE, une organisation qui réunit 38 pays parmi les plus développés du monde.


Le financement des plans d’infrastructures

Le plan d’infrastructures de Joe Biden doit être financé, selon l’exécutif américain, en partie par des « fonds d’aide d’urgence non dépensés ». Le Bureau du budget du Congrès américain estime toutefois que cette loi pourrait augmenter l’endettement des États-Unis de 256 milliards de dollars (218 milliards d’euros) sur 10 ans. Pour éviter de creuser la dette publique, certains États ont recours à des partenariats public-privé (PPP), qui permettent « l’association, de manière durable, d’un ou plusieurs entrepreneurs privés à la construction, à l’entretien et/ou à la gestion d’un ouvrage public », explique Vie-publique‌.‌fr, un site d’information dépendant des services du Premier ministre. Ce mode de financement a été critiqué par la Cour des comptes européenne, chargée de contrôler la gestion financière de l’Union européenne. Dans un rapport de 2018, l’institution explique que la passation de marchés pour les grands projets en PPP a « accru le risque de concurrence insuffisante » et que la plupart des projets audités dans plusieurs pays de l’UE, dont la France, ont « accusé des retards considérables de construction et présenté des dépassements de coûts significatifs ».


L’adaptation au changement climatique

Les investissements dans les infrastructures « doivent être axés sur la résilience aux changements climatiques et la réduction des risques de catastrophe », estime le Secrétariat général de l’ONU sur le site de l’organisation. Selon un rapport de 2019 de la Banque mondiale, un organisme de financement du développement, chaque dollar investi dans des infrastructures résilientes aux changements climatiques génère un « bénéfice de quatre dollars ». Le plan d’infrastructures de Joe Biden prévoit d’investir plus de 50 milliards de dollars (42,6 milliards d’euros) pour renforcer les infrastructures face aux conséquences du changement climatique, comme les inondations et la sécheresse, et 7,5 milliards de dollars (près de 6,4 milliards d’euros) doivent être consacrés à la construction d’un réseau national de bornes de recharge de véhicules électriques. En France, 30 milliards d’euros – sur 100 milliards au total – du plan de relance présenté en septembre 2020 par le gouvernement sont destinés à la transition énergétique, dont 4 milliards d’euros au financement de « projets de rénovation énergétique de bâtiments publics ».

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